Paiements : un paysage en constante évolution
Depuis plus de vingt ans, le monde des paiements connaît une évolution constante, qui est loin d'être achevée aujourd'hui. Ce qui était au départ un ensemble limité de méthodes traditionnelles est devenu un écosystème complexe, international et en constante évolution.
J'ai récemment eu le plaisir de parler des paiements lors du webinaire d'InPublishing sur le commerce électronique. À la suite de cette session, j'aimerais revenir sur les étapes importantes dans le domaine des paiements à travers l'évolution d'Advantage, observer les dernières tendances et poser la question fondamentale suivante : avec autant de nouvelles propositions qui émergent constamment, existe-t-il une stratégie qui correspond le mieux aux intérêts des éditeurs ?
Il y a 20 ans : des paiements simples et limités
Lorsque j'ai commencé à travailler chez AdvantageCS en 2006, Advantage proposait très peu de modes de paiement. Il y avait les chèques et les cartes de crédit (cartes bancaires). À cette époque, l'entreprise mettait en place pour la première fois le prélèvement automatique avec un client anglais, ce qui était essentiel pour répondre aux besoins de ses nouveaux clients européens.
Ce fut le point de départ d'une transformation majeure. Très vite, le défi ne consistait plus seulement à ajouter des moyens de paiement, mais à s'adapter aux réalités locales et européennes.
L'essor du prélèvement automatique et l'harmonisation européenne
Le prélèvement automatique est devenu l'un des principaux moteurs du développement d'Advantage, ajoutant une nouvelle norme à chaque nouveau client dans un pays différent. Initialement déployé pays par pays (France, Danemark, Suède), il a ensuite été profondément influencé par un projet majeur : l'introduction du prélèvement SEPA en 2014.
Aujourd'hui, une grande majorité des clients européens utilisent le prélèvement SEPA pour gérer leurs abonnements. Bien que le prélèvement automatique (généralement automatisé) soit parfois perçu comme un moyen de paiement obsolète, il reste extrêmement pertinent pour les modèles récurrents : fiable, peu coûteux et sans les inconvénients liés aux dates d'expiration des cartes.
L'évolution des cartes de crédit : sécurité et externalisation
Les cartes de crédit ont également subi des changements importants. À l'origine, les numéros de carte étaient saisis directement dans la plateforme. Cette pratique reflétait la réalité des clients de l'époque, qui s'organisaient souvent pour traiter les paiements par carte en interne, via leurs propres équipes. L'augmentation des fraudes a stimulé l'évolution du cadre réglementaire international. De nouvelles normes de sécurité ont vu le jour, exigeant notamment la conformité PA-DSS. Dans ce contexte, AdvantageCS a mis en place un système de sécurité des cartes, CardVault, afin d'accélérer le processus de certification.
Cependant, un autre développement a bouleversé cette approche : l'émergence de nouvelles plateformes de paiement qui externalisent complètement la saisie et le stockage des informations relatives aux cartes de crédit. Désormais, Advantage ne traite plus de données sensibles, mais uniquement des jetons. La norme PA-DSS a donc perdu de sa pertinence, et la gestion directe des cartes a progressivement disparu de l'application principale.
Plus récemment, l'adoption généralisée des normes PSD2 et la mise en œuvre du protocole 3D Secure ont encore renforcé la sécurité des cartes. Mais la question de la sécurité est loin d'être résolue.
La révolution des paiements électroniques et des portefeuilles électroniques
Parallèlement, d'autres évolutions majeures se produisaient. Les chèques ont été remplacés par d'autres moyens de paiement, tels que les virements bancaires, mais la véritable révolution est venue avec l'émergence des paiements électroniques, plus communément appelés portefeuilles numériques (digital wallets).
Les portefeuilles électroniques n'étaient pas une nouveauté. Le premier portefeuille électronique, PayPal, a été créé pour faciliter les paiements numériques et répondre à un besoin accru de sécurité financière sur le web. Par la suite, le développement des portefeuilles électroniques a été largement stimulé par le passage au commerce électronique mobile, certains portefeuilles offrant une expérience utilisateur nettement améliorée.
Pour Advantage, le premier tournant majeur a été l'intégration avec PayPal, suivie par des solutions telles que Klarna et d'autres acteurs similaires. Ces nouveaux modes de paiement s'appuyaient souvent sur des mécanismes existants (cartes, prélèvements automatiques) en arrière-plan, tout en ajoutant une couche d'intermédiation, des promesses de sécurité et une expérience utilisateur simplifiée. Certaines de ces méthodes étaient fortement ancrées dans des contextes nationaux ; Klarna, par exemple, s'est d'abord développé en Scandinavie. Puis sont arrivés des acteurs mondiaux tels qu'Apple Pay, Google Pay et Amazon Pay, diversifiant encore davantage les utilisations.
L'essor des plateformes multimodes... et leurs limites
À partir de 2016, des plateformes de paiement multimodales telles que Stripe ont fait leur apparition sur le marché des paiements. Ces plateformes ont pris en compte la prolifération des solutions et la difficulté de maintenir des intégrations point à point spécifiques pour chacune d'entre elles. Ces acteurs promettent d'externaliser la complexité technique et réglementaire et de simplifier considérablement l'intégration pour les éditeurs de logiciels. Ils proposent de gérer une multitude de moyens de paiement (Stripe en gère plus de 125) via un flux unique, évitant ainsi le développement d'intégrations — en théorie, du moins.
Cette commodité a un prix. Les frais liés aux cartes de crédit restent élevés, et ces plateformes peuvent s'avérer coûteuses à long terme. Elles nécessitent également des développements spécifiques pour certains types de paiements qu'elles gèrent.
Nouveaux bouleversements : souveraineté et alternatives aux cartes bancaires
Aujourd'hui, de nouvelles transformations se profilent. En Europe, l'avenir des cartes de crédit est remis en question, principalement en raison de questions liées à la souveraineté européenne. La dépendance vis-à-vis d'acteurs américains tels que Visa et MasterCard pousse les Européens à développer des alternatives.
L'initiative la plus prometteuse est Wero, un système de transfert instantané sécurisé similaire à iDEAL aux Pays-Bas (qui prend en charge plus de 70 % des transactions de commerce électronique). Mais contrairement à iDEAL, qui est strictement limité aux banques néerlandaises, Wero serait paneuropéen. iDEAL s'est joint au projet et sera rebaptisé iDEAL Wero.
Wero est conçu pour les paiements ponctuels. Pour les prélèvements automatiques, le SEPA reste la meilleure option. Cependant, pour les achats uniques en ligne, il représente une alternative crédible et nettement moins coûteuse aux cartes de crédit. Il semble probable que des intermédiaires et des services complémentaires se développent autour de ce mode de paiement.
Retour aux sources, sans renoncer à l'innovation
Lors du webinaire InPublishing, j'ai souligné l'importance de la personnalisation des paiements : être en mesure de proposer le mode de paiement le mieux adapté au profil de l'utilisateur. J'ai également suggéré de ne pas limiter les clients à un seul choix. Pour établir votre crédibilité et maintenir la convivialité, il est important de proposer d'autres options de paiement tout au long du processus d'achat. Le plus important est de « pousser » le mode de paiement le plus adapté en tête de liste.
Au-delà de la personnalisation, les éditeurs doivent intégrer d'autres paramètres fondamentaux. Il en existe au moins deux autres : les coûts de transaction et le taux d'attrition. Par exemple, le prélèvement automatique, longtemps considéré comme obsolète, reste l'une des méthodes les plus fiables en raison de ses faibles coûts, de son faible taux d'échec et de l'absence de problèmes liés au renouvellement des cartes. Certains moyens de paiement électroniques, tels qu'Apple Pay, présentent également des avantages, notamment la possibilité pour l'utilisateur de mettre à jour la carte sous-jacente lorsqu'elle expire. Lorsqu'ils utilisent leur téléphone pour payer, les utilisateurs oublient rarement de mettre à jour leur carte, alors qu'une carte directement liée à un abonnement présente un taux d'attrition beaucoup plus élevé. Dans ce contexte, Wero semble être une alternative prometteuse, combinant instantanéité et faibles commissions.
Les grandes plateformes telles que Stripe resteront sans aucun doute indispensables. Cependant, il est essentiel que les éditeurs ne se limitent pas à une seule approche. Il est fortement recommandé de proposer des solutions modernes tout en conservant des alternatives telles que le prélèvement automatique ou le virement automatique.
Comment Advantage s'adapte à ces changements
Advantage s'est continuellement adapté aux changements dans les paiements en ajoutant de nouvelles intégrations et méthodes de paiement et en ajustant constamment l'architecture technique et fonctionnelle sous-jacente. Aujourd'hui, l'application s'intègre à près de 20 plateformes (dont Stripe) et 10 systèmes de prélèvement automatique. Ces intégrations sont complètes et gèrent les interactions dynamiques entre les abonnements et les paiements automatiques associés, les premiers ayant priorité sur les seconds. Cette approche est beaucoup plus robuste que celle offerte par les solutions de facturation récurrente.
Notre infrastructure a également continué d'évoluer. Nous sommes passés du traitement interne des cartes à des pages de saisie hébergées et avons récemment fusionné les infrastructures de gestion des cartes de crédit et des portefeuilles électroniques en une seule. La disponibilité des solutions a également été étendue dans Cider Plus.
Enfin, Advantage conclut des partenariats afin d'optimiser le parcours client et sa gestion. Notre récente intégration avec Revaly, spécialiste reconnu dans le domaine du recouvrement des rejets, en est un exemple.
Alors que le paysage des paiements évolue, continuons à explorer les possibilités offertes par l'IA, mais n'oublions jamais les principes fondamentaux. Quel est le coût et quel est le bénéfice ?